Aurélie Favier – Sophrologue

Diplômée de la F.E.P.S. Certification RNCP

La gestion de la douleur

La douleur est difficile à définir car elle est personnelle et subjective : tout le monde possède les mêmes mécanismes de déclenchement de la douleur, et cependant, chacun la ressent différemment.

Le circuit normal de la douleur : un mécanisme de défense

Le plus souvent, la douleur se déclenche lorsque le corps détecte une anomalie venant de l’intérieur ou de l’extérieur : une brûlure, une infection, un corps étranger, un virus, une blessure. Cette détection se fait grâce au système nerveux. Le système nerveux est composé de trois parties : les nerfs, la moelle épinière et le cerveau.

  • Les nerfs sont reliés à des récepteurs sensibles à la douleur, les nocicepteurs. Ce mot est la contraction de « nocif » et de « récepteur ». Les nocicepteurs sont présents dans tout l’organisme. Lorsqu’ils repèrent une situation nocive pour l’organisme, ils donnent l’alerte en déclenchant un message douloureux.  Ce message est ensuite véhiculé par les nerfs jusqu’à la moelle épinière.
  • La moelle épinière réceptionne le message douloureux, déclenche des réactions de défense si nécessaire  (comme retirer sa main en cas de brûlure) et transmet le message de douleur au cerveau.
  • Le cerveau reçoit, localise et interprète la douleur. C’est à cet instant qu’elle est ressentie : nous  avons mal.

La douleur a donc une fonction d’alerte et de protection : grâce à elle, nous sommes avertis du danger, nous pouvons nous protéger et nous soigner. Comme les nocicepteurs sont à l’origine de ces douleurs, on les appelle douleurs nociceptives ou douleurs par excès de nociception.

Ce sont les douleurs les plus fréquentes, celles qui nous sont familières.

Les composantes de la douleur

La composante sensorielle :

  • qualité, intensité de la sensation, localisation, durée,

La composante émotionnelle :

  • tonalité désagréable, pénible, gênante ou insupportable
  • Anxiété ou dépression qui peut majorer la douleur
  • Mémoire affective de la douleur réactivée

La composante cognitive :

  • Influence des expériences antérieures, des facteurs sociaux, culturels, familiaux et personnels
  • Processus mentaux, stratégies d’attention, de distraction
  • Signification donnée à la douleur

Douleur aiguë et douleur chronique

Il est habituel de distinguer la douleur aigüe de la douleur chronique

La douleur aiguë

Habituellement, une douleur apparaît à cause d’une anomalie, et disparaît lorsque l’anomalie est éliminée. On parle alors de douleur aigue. Le terme aigu ne signifie pas forcément que la douleur est intense.

Une douleur aigue a plusieurs caractéristiques :

  • Elle est de courte durée (elle disparait en quelques heures ou quelques semaines, selon le temps nécessaire à la guérison)
  • Elle est due à une cause précise telle que traumatisme, infection, inflammation, ischémie (souffrance d’un tissu ou d’un organe faisant suite à l’interruption de la circulation sanguine dans l’une des artères qui l’irrigue : type AVC douleur poitrine et bras …).

La douleur aiguë est un processus physiologique, agissant comme un signal d’alarme. Elle est donc utile et protectrice.

La douleur chronique

Une douleur chronique a plusieurs caractéristiques :

  • Elle dure depuis au moins 3 mois, malgré un traitement antidouleur
  • Elle persiste même si la cause de la douleur a disparu
  • Elle est difficile à comprendre car elle n’a pas toujours de cause visible. Elle augmente, diminue, disparaît ou réapparaît sans que l’on sache toujours expliquer pourquoi
  • Elle est envahissante moralement et physiquement

La douleur chronique a perdu sa fonction et son objectif biologique : elle est donc inutile. Le plus souvent sans cause identifiée ou mécanismes physiopathologiques mal élucidés.

On observe une incapacité à revenir au fonctionnement physiologique antérieur.

Elle engage l’être dans tout son ensemble. Elle retentit sur la vie quotidienne avec ses conséquences sur le sommeil, l’appétit, toutes les activités. L’état de stress et la fatigue qui en découlent créent un déséquilibre.

Le caractère de la personne change avec une augmentation de l’anxiété et une usure pouvant aller jusqu’à la dépression.

Ces douleurs peuvent être d’autant plus mal vécues qu’elles représentent un réel handicap, souvent invisible de l’extérieur. La non reconnaissance de la douleur, par l’entourage ou par l’employeur par exemple, constitue à elle seule une véritable souffrance.

Son traitement ne peut donc se concevoir comme celui de la douleur aigue. Il implique une évaluation de chacune des constituantes de cette douleur et doit s’attacher à corriger chacune d’elle. Ce sera un traitement multimodal(traitement associant des traitements médicamenteux et non médicamenteux ainsi que l’application des règles d’hygiène de vie).

Gestion de la douleur en sophrologie

En sophrologie, nous apprenons tout d’abourd à écouter et reconnaître la douleur, à la décrire.

Dans cette présence au corps, ou l’on apprend progressivement à la localiser intérieurement : à quel endroit ? De quelle façon ?La notion de douleur est propre à chaque individu. On ne peut pas la mesurer de l’extérieur. Elle ne se voit pas de l’extérieur.

En sophrologie, nous mettons des mots sur la douleur : « c’est comme si on serrait ma tête dans un étau », « c’est comme si on me transperçait le genou avec une aiguille», « j’ai une boule dure et noire au niveau de la gorge qui m’empêche de respirer ».

Les axes de travail qui peuvent être proposés en sophrologie dans un cadre personnalisé,  adapté et bienveillant :

  • Observation « au cœur du corps »
  • Accueillir le corps dans toutes ses dimensions.
  • Etre témoin de la réalité de l’instant, ses sensations
  • Perception du schéma corporel, actuel, de ses perturbations
  • Observation des tensions, limites, inconforts, latéralités
  • Acquérir la capacité d’observation et d’accueil de ce qui est là
  • Apprentissage guidé du souffle présent et dirigé
  • Technique spécifique de Relaxation profonde
  • Accueil des perceptions sensorielles, parfois enfouies, distordues
  • Restauration  de la sensation d’unicité intérieure
  • Formulation positive d’objectifs immédiats à la réalité, réalisables par soi-même, écologiques
  • Mise en jeu de la créativité suggérée par le biais neurosensoriel et de la neuroplasticité cérébrale

La sophrologie peut alors venir en soutien des traitements médicaux, non pour les remplacer, mais au contraire pour en faciliter les effets.

Amplifier les démarches positives, grâce à la respiration active, le relâchement musculaire profond et la visualisation, sert à isoler les démarches négatives, liées à la douleur elle-même.Lorsque la douleur perdure, elle entraîne invariablement des spasmes et ou des tensions musculaires qui ont souvent pour résultat de l’intensifier dans la zone concernée, voire même dans les zones alentours.

Ainsi, la sophrologie offre plusieurs « portes d’entrées » au soulagement.

Bien entendu, les résultats obtenus seront fonction de l’ampleur de la douleur (chronicité, intensité, etc.) et de l’implication de chacun à prendre en main et à agir sur sa souffrance.

La sophrologie rend autonome et par là-même favorise la participation active de la personne souffrante, ce qui vient contrebalancer la douleur qui est généralement subie passivement.

La sophrologie ne se substitue pas à un traitement médical, elle est complémentaire.

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